Identifier une pseudo-carence en phosphore sur maïs

La pseudo-carence en phosphore sur le maïs est essentiellement due au compactage du sol ou à des températures froides.

La pseudo-carence en phosphore sur le maïs est essentiellement due au compactage du sol ou à des températures froides.

Faut-il s’inquiéter de la carence induite en phosphore sur le maïs ?

En maïs, la pseudo-carence en phosphore, ou carence induite, est assez fréquente autour du stade « 4-5 feuilles ». À ce stade dit « de sevrage », le maïs passe d’une alimentation via les réserves du grain à une alimentation essentiellement via les racines émises - or ses racines sont encore peu développées.

Malgré la présence de phosphore dans le sol, des facteurs abiotiques (sol froid, sol compacté, sol très calcaire qui se réchauffe lentement) peuvent limiter l’accès des racines au phosphore, d’autant plus que cet élément est peu mobile dans le sol comparé à l’azote. Il en résulte une difficulté ponctuelle des plantes à absorber du phosphore.

Cette carence est temporaire. Elle n’affecte pas la teneur en chlorophylle de la plante et affecte peu le rendement. Quand elle est dû à au compactage du sol, la carence induite peut être plus persistante, mais la nuisibilité reste modérée. Elle n’affecte pas la teneur en chlorophylle de la plante et affecte peu le rendement mais peut provoquer un retard de croissance.

Situations à risque de pseudo-carence

  • Des conditions peu poussantes : notamment des températures temporairement plus  fraîches, ou des amplitudes thermiques nuit/jour importantes associées à des températures nocturnes fraîches.
  • Le stade « 4-5 feuilles » : lors de cette période délicate du « sevrage » du maïs, les réserves du grain diminuent alors que les racines sont encore peu développées.
  • Un sol tassé : la compaction du sol entrave le développement des racines et donc l’assimilation du phosphore, même si le sol en est bien pourvu. Une telle carence survient si les racines ne peuvent s’étendre au-delà de 15 cm en profondeur.
  • Un sol froid : en inhibant le développement racinaire du maïs, le froid freine l’assimilation du phosphore et induit une carence temporaire.
  • Un sol très calcaire : les sols blancs et les sols argilo-calcaires, qui se réchauffent très lentement au printemps, favorisent la carence induite de phosphore.

Symptômes de carence en maïs

Le syndrome du « maïs violet » s’exprime par la formation et l’accumulation d’un pigment anthocyanique dans la couche supérieure des cellules des feuilles. La plupart des maïs hybrides contiennent 5 des 8  gènes nécessaires à la production de cette teinte rouge violacée. Mais certaines variétés portent les trois autres gènes et marquent donc plus que les autres.

La carence induite n’affecte que les premières feuilles (mais généralement pas la toute première, au bout arrondi) et surtout leurs bordures. Alors qu’une vraie carence en phosphore provoque le rougissement de toutes les feuilles.

Les signes de pseudo-carence affectent toute la parcelle. Ils disparaissent avec le temps, et surtout avec la remontée des températures.

Besoins en phosphore du maïs

Du démarrage à la récolte, le maïs a besoin de 80-90 kg de phosphore au total. L’absorption du minéral est régulière au long de son cycle et les besoins instantanés sont faibles, sauf aux stades précoces de son développement. Aussi, la carence vraie en phosphore est-elle rare.

En image

  • La pseudo-carence en phosphore sur le maïs est essentiellement due au compactage du sol ou à des températures froides.
    La pseudo-carence en phosphore sur le maïs est essentiellement due au compactage du sol ou à des températures froides.
  • En cas de pseudo-carence (photo suivante), le rougissement des feuilles, qui signe le manque de phosphore, ne touche qu’une partie du limbe et rarement la toute première feuille. Et c’est temporaire, contrairement à une carence vraie (ici).
    En cas de pseudo-carence (photo suivante), le rougissement des feuilles, qui signe le manque de phosphore, ne touche qu’une partie du limbe et rarement la toute première feuille. Et c’est temporaire, contrairement à une carence vraie (ici).
  • En cas de pseudo-carence (photo suivante), le rougissement des feuilles, qui signe le manque de phosphore, ne touche qu’une partie du limbe et rarement la toute première feuille. Et c’est temporaire, contrairement à une carence vraie (ici).
    En cas de pseudo-carence (ici), le rougissement des feuilles, qui signe le manque de phosphore, ne touche qu’une partie du limbe et rarement la toute première feuille. Et c’est temporaire, contrairement à une carence vraie (photo précédente).

Solutions

Les solutions sont uniquement préventives.

  • Éviter de compacter le sol. Si le sol de la parcelle est sujet au compactage, prudence en travaillant le sol. En cas de problème structurel, le retour à la normale est d’autant plus long que le compactage est profond. Biner améliorera un peu la structure du sol, mais seulement superficiellement.
  • Utiliser un engrais « starter » au semis. La pseudo-carence en phosphore est atténuée en présence d’engrais starter au semis, qui place le phosphore à proximité des racines.

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