Reconnaitre une carence en soufre

Avec la pluviométrie de cet hiver, un apport de soufre est peut-être à prévoir sur les cultures. Une carence en soufre en céréales à paille se traduit par des taches irrégulières vert pâle à jaune sur les jeunes feuilles.

Comme la carence en azote, une carence en soufre en céréales à paille se traduit par des taches irrégulières vert pâle à jaune, mais ici ce sont les jeunes feuilles qui sont touchées.

Comme la carence en azote, une carence en soufre en céréales à paille se traduit par des taches irrégulières vert pâle à jaune, mais ici ce sont les jeunes feuilles qui sont touchées.

Pourquoi apporter du soufre ?

Avec les fortes précipitations de cet automne, un apport de soufre est peut-être à prévoir, surtout en sols superficiels et/ou filtrants. Les cultures sensibles à la carence en soufre, sur lesquelles la fertilisation soufrée doit s’envisager, sont les céréales à paille et le colza.

En céréales à paille, lorsque le potentiel de rendement de la culture est élevé, les besoins en soufre sont importants et sont rarement pourvus par le sol, même profond, surtout après un hiver humide. Une carence importante en soufre peut faire perdre jusqu’à 25 q/ha de rendement, mais si elle est corrigée avant le stade « 2 nœuds », la nuisibilité restera faible. Attention : une carence faible peut ne pas engendrer de symptômes visibles et pourtant entrainer de 2 à 10 q/ha de pertes. Apporter un engrais soufré en fin de tallage est l’idéal : les risques de carence sont anticipés et l’apport peut s’envisager au même moment que celui d’azote.

Le colza a besoin d’une quantité de soufre importante au printemps au début de la montaison (stade C2/D1). Une carence entraîne des pertes de rendement allant de 10 à 20 q/ha dans les cas les plus graves. Un apport systématique est nécessaire, même dans les parcelles qui reçoivent des apports réguliers de matière organique.

Besoins des plantes en soufre

80 à 100 kg SO3/ha pour les céréales.
100 à 200 kg SO3/ha pour les crucifères (colza) ; le sulfate est la seule forme assimilable par le colza.

Situations à risque de carence en soufre

  • Forts cumuls de pluie entre octobre et février (supérieurs à 400 mm) accroissant le drainage des sols et le lessivage du soufre.
  • Sols sensibles au lessivage et à faible minéralisation : sols argilo-calcaires superficiels, sols sableux, ou limons pauvres en matière organique.
  • Absence ou faibles apports de produits organiques (fumier, lisier), sources de soufre.
  • Forts apports d’azote qui accentuent la carence en soufre.
  • Mauvais enracinement entravant l’absorption du soufre.

Apport de SO3 conseillé (en kg/ha)


Apport de SO3  conseillé (en kg/ha)

Tableau 1 : Grille de préconisation des apports en soufre en fonction du risque de carence chez les céréales à paille. Pour le blé et l’orge d’hiver, l’apport est conseillé entre début et fin de tallage. Préconisations convenant aux situations avec moins de 3 apports de produits organiques sur 10 ans. Sur céréales de printemps, réduire les doses de SO3 de 20 kg/ha.

Signes de carence en soufre

Sur céréales

Dès le début de la montaison (stade « Épi 1 cm »), aspect vert pâle des jeunes feuilles et jaunissement des stries et nervures.
En sols superficiels, les plus exposés au risque de carence, les symptômes apparaissent en tout début de montaison. En sols plus profonds, ils se manifestent entre les stades «  2 nœuds » et « Dernière feuille étalée », après une période de froid qui a limité la minéralisation du soufre.

Sur colza

À la montaison, jaunissement du limbe des feuilles les plus jeunes (celles au sommet) mais les nervures restent vertes ; à la floraison, fleurs décolorées, blanchies.
Les symptômes foliaires peuvent être fugaces ou peu prononcés. Ils apparaissent d’abord dans les tournières, les ruptures de pente et dans toutes les zones où la minéralisation et l’enracinement sont mauvais. En vieillissant, les feuilles touchées deviennent rougeâtres et cassantes. La croissance du colza est fortement ralentie.


Selon le type de sol et la sensibilité de la culture, un apport  de soufre est peut-être à prévoir
 

Solutions

En préventif

En sol à risque, le risque de carence sera minimisé par un apport, chaque année, de produit organique riche en soufre (fumier, lisier). Un fumier de volaille contient trois fois plus de soufre qu’un fumier de bovin. En revanche, un apport épisodique n’a pas d’effet, d’autant que le soufre apporté ne sera pas disponible l’année même de l’apport.

En céréales à paille, et en l’absence d’apports de produits organiques réguliers, adapter les mesures préventives en fonction du risque de carence en soufre (tableau) à la parcelle et à la culture. Apporter le soufre après l’hiver afin d’éviter qu’il soit lessivé. Le meilleur compromis est d’apporter un engrais soufré au stade « Tallage » ou « Épi 1 cm ». Ce peut être sous forme de sulfate, thiosulfate ou soufre micronisé ; ces formes ont des efficacités équivalentes.

Sur colza, réaliser systématiquement un apport de 75 unités de soufre (SO3) au début de la montaison, qui offre le meilleur rapport rendement/qualité de la graine. Seule la forme sulfate est bien absorbée. En cas d’apport régulier de produits organiques, n’apporter que 40 à 50 unités de soufre.

En curatif

Dès l’apparition des symptômes, apporter 20 à 40 kg de SO3 sur céréales, de préférence en pulvérisation foliaire d’une solution diluée à 10 % de sulfate d’ammonium ou sous forme de soufre micronisé.

Sur colza, pulvériser 100 kg/ha de sulfate d’ammoniaque pour 500 l d’eau afin d’éviter éviter les brûlures des plantes.

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