Reconnaître les taches physiologiques sur céréales
Les taches physiologiques peuvent avoir des couleurs et des formes très variées. Mais elles ne présentent pas de pycnides ou de conidies caractéristiques des maladies fongiques, et n'apparaissent pas en foyers, typiques des maladies virales.
Doit-on s’inquiéter des taches physiologiques ?
Sur les feuilles supérieures des céréales à paille (les plus jeunes), de petites taches de formes et de couleurs diverses sont parfois observées, notamment après un traitement, une sécheresse, un fort rayonnement, ou encore lorsque la température varie fortement et rapidement. Ces symptômes sont sans gravité lorsqu’ils sont bien la conséquence d’un stress abiotique. Il faut donc savoir les distinguer de symptômes de maladie ou de carence.
Développement des taches
Les taches physiologiques apparaissent fréquemment à la sortie des trois dernières feuilles des céréales, après un stress abiotique. La photosynthèse ne se déroule pas convenablement, et il y a accumulation de composés oxydatifs toxiques pour les cellules.
La sécheresse associée à un fort rayonnement, de même que la rosée (par effet loupe), ou l’application d’un traitement, accentue le phénomène.
Il n’y a pas d’évolution des taches après leur apparition.
Les feuilles sorties après le stress abiotique ne présentent pas de tache.
Situations à risque
- Montaison de la céréale : c’est une période de croissance rapide où la plante est plus sensible aux stress climatiques.
- Fortes amplitudes thermiques entre le jour et la nuit : en avril et mai, notamment, la température peut souvent varier de plus de 15°C entre jour et nuit.
- Succession rapide de périodes climatiques contrastées : par exemple, succession de périodes chaudes / ensoleillées puis froides/humides.
- Traitement phytosanitaire : l’application d’un fongicide à base de triazole, notamment, peut aggraver ces symptômes en amplifiant le stress abiotique.
- Application d’un régulateur : c’est un facteur déclenchant ou aggravant.
- Attaque d’oïdium ou de rouille naine sur orge : des taches physiologiques peuvent apparaître ensuite.
- Pollution à l’ozone : c’est une possible cause de taches.
Symptômes
- Les feuilles supérieures comportent des décolorations claires à brunes (nécroses), jaunes ou même noires. Les formes prises par ces taches peuvent être très diverses : souvent ocellées et allongées, ce peut être aussi de petits points. La chlorose (jaune) entourant la tache est plus ou moins prononcée selon la variété de céréale.
- Le port et la vigueur de la plante tachée ne sont pas affectés.
- Absence de taches sur les feuilles inférieures : ces vieilles feuilles seraient touchées s’il s’agissait d’une maladie fongique comme la septoriose ou l’helminthosporiose, et on verrait un gradient de symptômes du bas vers le haut de la plante.
- Absence de structures fongiques dans les nécroses : les taches ne présentent aucune structure typique de champignons pathogènes : pycnides (septoriose), conidiophores ou conidies (helminthosporiose), périthèces…
- Toute la parcelle peut soudain prendre une coloration jaune ; sinon, les symptômes sont diffus dans la parcelle. En revanche, la présence de foyers évolutifs et de pieds chétifs sont des indications de virose.
Champignon ou stress abiotique ?
Pour s’assurer qu’un champignon n’est pas la cause des taches, c’est simple et rapide : il suffit de prendre une loupe, et de rechercher la présence éventuelle de fructifications ou de mycélium du champignon dans les taches.
Si rien n’est visible, mettre plusieurs feuilles en incubation :
• prélever des feuilles portant des taches peu développées ;
• les placer dans une bouteille plastique vide dont l’intérieur aura été rapidement mouillé ; boucher ;
• conserver 24 heures autour de 20°C, à l’abri du soleil, puis observer une seconde fois les taches à la loupe. S’il s’agit d’une maladie fongique, des fructifications fongiques se seront développées.
Est-ce grave ?
Il n'y a pas de solutions pour prévenir l'apparition de taches physiologiques (sauf si elles sont dues à une phytotoxicité), ni pour les « guérir ».
- Certaines variétés de céréales à paille sont plus sensibles que d’autres à ces accidents physiologiques. Le blé dur y est davantage prédisposé.
- Les symptômes seraient moins fréquents quand les céréales disposent de tout l’azote nécessaire.
- La nuisibilité associée à ces taches physiologiques est généralement nulle, et aucune action n’est à prévoir.
- Il convient toutefois de revenir sur la parcelle au bout d’une semaine pour vérifier que les taches n’ont pas évolué.
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