Flore des bords de champ : conserver ses services sans en faire une source d’adventices
Les pratiques de désherbage déséquilibrent la flore en bord de champs. Comment les adapter pour conserver les services écosystémiques de cette flore sans en faire un réservoir d'adventices ?
La flore des bordures de champs joue un rôle agronomique et écologique important. Elle constitue une ressource alimentaire pour les insectes pollinisateurs, limite l’érosion des sols et peut héberger des espèces végétales devenues rares dans les paysages agricoles. Toutefois, ces zones peuvent aussi servir de réservoir à adventices susceptibles de coloniser les parcelles voisines.
Une étude1 conduite par l'Anses, Inrae et Solagro montre que l’équilibre entre bénéfices et risques dépend fortement des pratiques agricoles à proximité. L’usage d’herbicides dans la parcelle adjacente apparaît comme le facteur le plus défavorable, même lorsque les bordures ne sont pas directement traitées. Selon Léa Genty, de l’Anses, l’exposition indirecte aux herbicides et aux engrais favorise l’installation d’adventices tolérantes, plus compétitives et potentiellement problématiques pour les cultures.
Les résultats suggèrent plusieurs pistes de gestion : élargir les bordures, réduire la fréquence de fauche et limiter l’exposition aux traitements à l’échelle territoriale. Ces pratiques permettraient de favoriser une végétation utile, capable de restreindre les adventices tout en soutenant des services écosystémiques essentiels à l’agriculture.
1. L’étude, réalisée dans le cadre du projet de recherche AgriBiodiv a porté sur 458 parcelles observées pendant 5 ans, réparties dans tout le territoire hexagonal et la Corse.
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