Liquéfier son biogaz à la ferme : une solution pour la fin de la cogénération ?
La start-up de la deeptech SUBLIME Energie a inauguré à Plélo (Côtes-d’Armor) « Charlie », son démonstrateur de liquéfaction à la ferme du biogaz et d’épuration – une première mondiale.
Petits volumes, réseaux gaziers trop éloignés, lourds investissements… Autant de freins qui limitent l’essor de la filière biométhane en agriculture. Mais la liquéfaction à la ferme peut tout changer. Que doit valider « Charlie », le démonstrateur que la start-up de la deeptech SUBLIME Energie a inauguré à Plélo (Côtes-d’Armor) ?
Adossé à l’exploitation Gazéa, pionnière de la méthanisation en Bretagne, « Charlie » regroupe sur un même site le dispositif de liquéfaction et un dispositif d’épuration du biogaz. Le premier densifie l’énergie contenue dans le biogaz et rend son transport possible sans nécessiter de réseau gazier. Le second traite par distillation cryogénique le biogaz, qui contient du méthane mais aussi du dioxyde de carbone et diverses impuretés, et le conditionne en co-produits valorisables (bioGNL et bioCO₂).
La capacité annuelle de « Charlie » sera d'environ 180 tonnes de bioGNL, qui constitue une alternative bas carbone au diesel, et de 330 tonnes de bioCO₂ liquide, aux nombreux usages industriels et agricoles.
« Nous faisons changer d’échelle la méthanisation agricole à la ferme »
À terme, la start-up prévoie que le biogaz liquéfié sera collecté sur les différentes exploitations agricoles, même petites ou isolées, puis acheminé vers une unité de valorisation mutualisée.
« Avec " Charlie ", nous démontrons qu’il est possible de sortir la méthanisation [agricole] de ses contraintes historiques. En liquéfiant le biogaz à la ferme, nous ouvrons un modèle hors réseau capable de valoriser un gisement agricole diffus à grande échelle », insiste Bruno Adhémar, président et fondateur de SUBLIME Energie.
« Le modèle de SUBLIME Energie est la solution concrète pour permettre aux élevages de s’adapter », ajoute Alain Guillaume, agriculteur-méthaniseur fondateur de Gazéa et de l’Association des agriculteurs-méthaniseurs de France.
Cette innovation ouvre également une voie de reconversion pour les unités de méthanisation en cogénération en fin de contrat (ou souhaitant rompre ce dernier) afin de prolonger leur durée de vie en améliorant leur rentabilité.
En parallèle, l’entreprise prépare le projet « Delta », qui réunira une dizaine de fermes autour d’un hub mutualisé dans les Côtes-d’Armor pour produire à plus grande échelle du bioGNL et du bioCO₂, avec une mise en service prévue à l’horizon 2028.
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