Sécheresse : l’avenir de la betterave sucrière remis en question en France
« La culture de la betterave […] est en jeu sur nos territoires », estime Alain Carré, président de l'Association Interprofessionnelle de la Betterave et du Sucre (AIBS*) dans un communiqué de presse du 25 août.
La filière betteravière française alerte sur « les conséquences exceptionnellement graves » des canicules et de la sécheresse 2026. « Même si des disparités territoriales sont constatées, les observations réalisées à la mi-août dans l'ensemble des régions betteravières [laissent présager] une baisse de production nationale de plus de 20 % par rapport à la moyenne cinq ans », rapporte l’interprofession.
Plus de 20 % de perte de production
Plus précisément, le poids racinaire recule de 18 % par rapport à la moyenne quinquennale, soit une perte d’environ 10 tonnes par hectare, tandis que le développement foliaire est en baisse de plus de 50 %, « représentant un déficit de près de 20 tonnes de feuille par hectare ».
Ces conditions climatiques exceptionnelles causent un stress physiologique majeur, favorisant « le développement de bioagresseurs, notamment les charançons et la teigne, ainsi que la dégradation sanitaire des racines par les pourritures (rhizopus) ».
« Dans plusieurs régions, la situation est telle que certaines parcelles pourraient ne pas être récoltées », s’inquiète l’interprofession.
Du soutien, de la recherche et des assouplissements réglementaires
Sur le plan économique, la baisse de production va affecter directement les exploitations agricoles, « mais également l'ensemble de la chaîne de valeur » de la betterave, du sucre, de l’alcool et du bioéthanol, précise le communiqué de presse. Plusieurs régions européennes étant touchées, la disponibilité de ces produits pourrait baisser.
« La campagne 2026 met durement en évidence la vulnérabilité de la production betteravière face aux événements climatiques extrêmes. Au regard des conséquences subies par certaines exploitations agricoles, c’est même la culture de la betterave qui est en jeu sur nos territoires », déclare Alain Carré.
Refusant ce sort, l’AIBS demande aux pouvoirs publics que les exploitations les plus durement touchées puissent bénéficier de « dispositifs de soutien adaptés ». Le communiqué ajoute que cette crise « rappelle […] l'urgence de renforcer la résilience de la filière à travers la recherche, l'innovation, les moyens de protection des cultures et le développement des capacités d'irrigation » pour pérenniser une culture « importante de [la] souveraineté alimentaire nationale ».
* L’AIBS fédère l’ensemble des acteurs de la filière betterave-sucre, soit environ 23 000 planteurs de betteraves, 3 groupes industriels et 19 sucreries.
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