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Epidémiosurveillance du territoire : optimiser la lutte contre les bioagresseurs

01 octobre 2019
L’un des axes de travail du plan Ecophyto est de renforcer les réseaux de surveillance sur les bioagresseurs. Pour répondre à ce besoin, le ministère de l’Agriculture a mis en place depuis 2009 un réseau d’épidémiosurveillance dans le domaine de la santé végétale.

Une meilleure connaissance de l’état sanitaire du territoire vise à optimiser l’utilisation des produits phytopharmaceutiques, dans le cadre de l’objectif de réduction de 50 % de leurs usages d’ici 2025. La surveillance biologique du territoire (SBT) est inscrite dans le code rural.

Elle a trois principaux objectifs :
• détecter et suivre les organismes nuisibles de lutte obligatoire, les bioagresseurs susceptibles d’avoir une incidence inacceptable sur le rendement et la qualité des productions végétales, ou de menacer la survie des peuplements végétaux ;
• mettre en oeuvre la protection intégrée des cultures dans le but de réduire l’utilisation globale des produits phytopharmaceutiques ;
• mettre en évidence les effets non intentionnels pouvant avoir un impact sur l’environnement et la sécurité sanitaire, générés par l’emploi des produits phytopharmaceutiques et des OGM.

L’épidémiosurveillance apporte également un appui stratégique aux exportateurs en permettant la certification phytosanitaire des produits végétaux circulant dans l’Union européenne ou exportés (75 000 à 80 000 certificats délivrés par an). Elle assure notamment l’absence d’organismes ou de maladies de quarantaine dans les produits exportés.

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Le rapport annuel de la surveillance biologique du territoire est diffusé sur Alim’Agri, le site du ministère de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt : http://agriculture. gouv.fr/rapport-annuel-desurveillance-biologique-duterritoire.

Une analyse hebdomadaire des risques

Le bulletin de santé du végétal (BSV), géré par les chambres d’Agriculture, les instituts techniques et les coopératives a remplacé en 2009 les avertissements agricoles des SRPV. Ce bulletin hebdomadaire gratuit est disponible sur le site des DRAAF. Il est également diffusé par les partenaires, en même temps pour tous. Les observations de terrain, remontées dans la base Epiphyt, servent à calculer un risque pour chaque culture et nuisible observé. Les BSV présentent un état sanitaire des cultures (stades de développement, observations des ravageurs et maladies, présence de symptômes) et une évaluation du risque phytosanitaire, en fonction des périodes de sensibilité des cultures et des seuils indicatifs de risque. Les BSV permettent aux acteurs du monde agricole (agriculteurs, conseillers, techniciens) d’évaluer leur propre risque vis-à-vis de la situation sanitaire présente et au besoin, d’adapter la protection des cultures.

Une organisation en réseaux

La surveillance peut être officielle (inspections programmées), non officielle à travers les réseaux SBT ou DSF (Département santé des forêts) ou intervenir de manière évènementielle. Elle s’organise autour du Comité national d’épidémiosurveillance, composé des ministères de l’Environnement et de l’Agriculture, des Instituts techniques, de la Fédération Nationale de lutte contre les Organismes Nuisibles, des chambres d’Agriculture, de représentants des firmes et de la distribution, ou encore des organismes de la recherche agronomique et écologique. Ce comité national actualise les connaissances de l’état phytosanitaire du territoire (conjoncture, pression biotique) et publie le rapport annuel de la SBT, outil de gestion officiel des risques dans le domaine végétal. Il se décline en Comités régionaux d’épidémiosurveillance chargés de l’analyse des risques phytosanitaires et de la publication des « Bulletins de santé du végétal » (encadré), outil d’aide à l’analyse du risque phytosanitaire pour les agriculteurs et les techniciens. Il est ainsi possible de connaître, en temps réel, la situation phytosanitaire globale du territoire pour chaque filière végétale.

Ce fonctionnement repose sur le système d’information mutualisé « Epiphyt » établi entre les acteurs des réseaux de surveillance. Les données sont issues des observations agronomiques réalisées par des réseaux régionaux, dont « Vigicultures » (encadré) en est le plus grand contributeur. A la demande du ministère de l’Agriculture et en collaboration avec la Direction Générale de l’Alimentation, Agro EDI Europe (encadré) a contribué à l’implantation du réseau Epiphyt. Cette association a pour mission de maintenir les standards utilisés par Epiphyt et les protocoles d’observations harmonisés, en lien avec les experts nationaux. La codification générée permet aux acteurs d’avoir un langage commun, indispensable au partage et à l’exploitation des données.

Codifier et harmoniser les échange

L’association à but non lucratif « Agro EDI Europe » a été créée en 1992 par Coop de France, InVivo et l’Agence Nationale de la Recherche. Elle regroupe les acteurs économiques de l’amont de l’agroalimentaire intéressés par le développement du numérique et des échanges de données informatisés (EDI), en relation avec les administrations concernées. Agro EDI Europe assure la création et le maintien de messages standardisés et normalisés pour le secteur agricole, afin de garantir l’interopérabilité et de fluidifier les échanges entre les acteurs. L’association gère aussi la mise en oeuvre de base de données communautaires et de traçabilité.


Vigicultures, un réseau de plus de 3000 observateurs
Mis en place en 2008 par Arvalis, Terres Inovia et l’Institut Technique de la Betterave, le portail « Vigicultures » collecte les données de plus de 3000 observateurs en France. Toutes les maladies de toutes les grandes cultures, tous les ravageurs et leurs auxiliaires, font ainsi l’objet d’un suivi. Cela concerne également certaines adventices d’intérêt sanitaire (ambroisie, datura, nielle des blés, ricin…). 400 000 observations sont réalisées chaque année, pour un total de 4 millions depuis 2008 (40 000 parcelles sont enregistrées dans la base). Les contributeurs ont un accès au site et peuvent éditer leurs propres cartes de visualisation. Les observateurs doivent respecter un plan d’échantillonnage précis et le formalisme des enregistrements. Une application mobile, à venir prochainement, réduira le délai de remontée des données et vise à développer le nombre des observateurs (contact : vigiculturesR@arvalis.fr).

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