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Brexit : quand le Royaume-Uni passe d’un marché libre à un marché pays tiers

02 novembre 2020
Depuis le 1er février 2020, le Royaume-Uni ne fait officiellement plus partie de l’Union européenne. La période de transition durant laquelle le pays appartient toujours au territoire douanier de l’Union prendra fin le 31 décembre 2020.

Le Brexit, quel changement dans les échanges de céréales ?

Jusqu’au 31 décembre, les échanges de céréales entre le Royaume-Uni et les pays membres de l’Union européenne sont soumis à une déclaration d’échange de biens (DEB), déposée chaque mois auprès de la douane. Il n’y a pas de formalité et de contrôle aux frontières.

A partir du 1er janvier 2021, les formalités douanières devront être déposées à chaque opération.

Puis, dès avril 2021, de nouvelle mesures, propres aux échanges avec les pays tiers, entreront en vigueur : certificat phytosanitaire pour les marchandises, pré-notification d’importation, contrôle documentaire, etc.

La France gardera-t-elle sa place d’exportatrice de maïs au Royaume-Uni ?

La France exporte plus de 700 kt de céréales vers le Royaume-Uni par campagne (moyenne quinquennale 2015/20), dont 160 kt de blé tendre et 420 kt de maïs. Les volumes exportés outre-Manche représentent 1 % des exports mondiaux de blé tendre français et 9,5 % pour le maïs.

Le Royaume-Uni est exportateur net en blé tendre. La France y exporte du blé tendre essentiellement en panification pour la production de baguette industrielle, avec un cahier des charges très précis. Elle importe occasionnellement du blé biscuitier depuis le Royaume-Uni (80 kt en 2015/16 et 100 kt en 2016/17). Quant au maïs français, les Britanniques le destinent essentiellement à l’amidonnerie. Dans le cas de ces deux céréales, les caractéristiques demandées sont très spécifiques et seulement quelques opérateurs sont présents sur le marché.

Au sein de l’Union européenne, la France est le premier fournisseur du Royaume-Uni en maïs. Mais depuis quelques années, la Roumanie et la Bulgarie sont de plus en plus présentes sur le marché anglais, avec un maïs plus compétitif. De même, les importations depuis les pays tiers vers le Royaume-Uni sont de plus en plus importantes, en particulier l’origine ukrainienne sur les deux dernières campagnes (2018/19 et 2019/20). Avec plus de 40 % des parts de marché, l’Ukraine est aujourd’hui le premier fournisseur de maïs du Royaume-Uni.

Figure 1 : Part de la France dans les importations de maïs au Royaume-Uni

(sources : SGS, France Export Céréales)

Pourquoi la France pourrait voir ses échanges baisser ?

Le Royaume-Uni deviendra, à compter de janvier 2021, un pays tiers ; il sera donc soumis aux mêmes conditions que tout autre pays tiers. Les Britanniques seront alors libres de négocier des accords avec n’importe quel pays et de mettre en place de nouvelles règles au 1er janvier. Nouvelles règles qui pourront différer selon le type de marchandises et/ou le pays.

Ces dernières semaines, ainsi que les semaines à venir jusqu’au 31 décembre sont déterminantes. Aujourd’hui, quelques sujets de discussions sont encore sur la table, notamment autour de la gouvernance, de la pêche et de la concurrence déloyale. L’inquiétude est d’autant plus grande car, à l’inverse de la Suisse ou de la Norvège, il se pourrait qu’aucun accord ne soit signé entre le Royaume-Uni et l’Union des 27. Assisterons-nous à un « no deal » entre ces deux partis comme le souligne de plus en plus Boris Jonhson ? Cela pourrait impacter les entreprises, aussi bien côté Union européenne que britannique.

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