Une aide exceptionnelle de 50 €/t sur les engrais azotés

Le gouvernement ouvre une aide exceptionnelle de 50 € par tonne d’engrais acheté depuis le 1er juin. En parallèle, 620 M€ seront consacrés à la modernisation et à la décarbonation de trois sites industriels.

L'aide de 50 €/t sur les engrais azotés vise à sécuriser les récoltes 2027
La ministre de l'Agriculture a appelé les agriculteurs à « acheter dès maintenant leurs engrais et sécuriser leurs semis grâce à cette aide exceptionnelle. » © Ministère de l’agriculture, de l’agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire

Face à la flambée des prix des engrais azotés, la ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, a annoncé le 9 juillet 2026  la mise en place d'une aide exceptionnelle de 50 €/t sur les achats réalisés entre le 1er juin et le 30 septembre 2026.

Le dispositif sera accessible à compter du 1er août via un guichet dédié de FranceAgriMer. Les agriculteurs devront déposer une demande accompagnée de leur bilan comptable et des factures correspondantes.

Ouverte à l'ensemble des exploitations, l'aide sera plafonnée à hauteur de 50 % de la consommation d'engrais azotés de 2025. Son montant pourra être porté à 70 €/t pour les agriculteurs dont les dépenses en engrais représentent plus de 10 % des charges d'exploitation.

L'enveloppe mobilisée atteint 145 millions d'euros, dont 107 millions d'euros issus de la réserve de crise européenne et 38 millions d'euros financés par l'État français.

« La hausse des prix décourage les agriculteurs d'acheter. Or, sans engrais, pas de récolte. Et sans récolte, notre souveraineté alimentaire est menacée », a rappelé Annie Genevard. La ministre a appelé les producteurs à « acheter dès maintenant leurs engrais et sécuriser leurs semis grâce à cette aide exceptionnelle ».

Au-delà du soutien immédiat à la trésorerie des exploitations, l'objectif affiché est de sécuriser les récoltes 2027 et de préserver le potentiel productif français.

Réduire la dépendance aux importations

Le gouvernement a également présenté une stratégie de plus long terme visant à réduire la dépendance française aux engrais azotés, dont près de 70 % sont aujourd'hui importés.

Trois leviers doivent être activés : le développement des outils d'aide à la décision pour optimiser les apports, l'extension des surfaces en légumineuses et le recours accru aux fertilisants organiques. L'exécutif vise ainsi une réduction de 20 % du surplus brut d'azote d'ici 2030.

620 M€ pour relancer la production française

Parallèlement, le ministre de l'Industrie, Sébastien Martin, a annoncé un soutien public de 620 millions d'euros en faveur de trois projets industriels : LAT Nitrogen à Grand-Quevilly (Seine-Maritime), Yara au Havre (Seine-Maritime) et FertigHy à Languevoisin-Quiquery (Somme), ce dernier étant actuellement en cours de construction.

Ces projets représentent environ 2 milliards d'euros d'investissements privés sur dix ans. Ils doivent permettre d'accroître de 20 % la production nationale d'engrais azotés d'ici 2032, renforçant ainsi la souveraineté industrielle et agricole du pays.

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