Foncier : un prix des terres stable sur un marché en reprise

Le prix des terres arables et prés augmente très légèrement en 2025, avec une nette dichotomie entre zones d’élevage bovin et zones de grandes cultures, a présenté la Fédération Nationale des Sociétés d’Aménagement Foncier et d’Etablissement Rural (FNSafer) en conférence de presse le 21 mai.

paysage

Le prix des terres et prés1 libres2 de bail augmente de 0,9 % par rapport à 2024 pour s’établir à 6 460 euros de l’hectare en moyenne. Cette croissance est tirée par les zones de grandes cultures (+ 4,2 %), où les prix atteignent 8 150 €/ha. « Après une mauvaise campagne 2024, les conditions étaient plutôt bonnes jusqu’à la moisson d’été, dopant le marché », commente Loïc Jégouzo, adjoint au directeur du service études, veille et prospective de la FNSafer. En revanche, les prix reculent à 4 740 €/ha en zone d’élevage bovin (- 1 %), malgré des prix du lait et de la viande plutôt élevés en 2025 et des « regains d’installation localement », notamment dans la Nièvre.

Des prix tirés vers le haut en zone de grandes cultures malgré les cours mondiaux

Les prix des terres et prés loués augmentent pour la quatrième année consécutive. Même si leur valeur reste inférieure à celle des terres libres, l’écart se resserre puisque le prix moyen des terres et prés loués augmente davantage (+ 2,5 %). Il se fixe à 5 350 €/ha. Là encore, les prix sont davantage tirés vers le haut en zone de grandes cultures.

Ces terres offrent à leurs propriétaires non exploitants un rendement locatif brut certes « en repli », mais qui redevient supérieur au taux du livret A, précise la FNSafer. Sachant que le taux du livret A était de 1,7 % jusqu’au 1er février 2026, avant de tomber à 1,5 %. Ce n’était pas le cas en 2023 ni en 2024. Pour rappel, le rendement locatif dépend de l’indicateur de fermage, lui-même décidé par les pouvoirs publics selon les revenus des agriculteurs.

Un marché en reprise

Ces évolutions de prix s’inscrivent dans u marché qui repart à la hausse après trois années de repli. Ainsi, le nombre de transactions, les surfaces concernées et la valeur correspondante augmentent respectivement de 3,2 ; 5,9 et 11 %. 424 500 ha ont été échangés pour près de 5,4 milliards d’euros (figure 1). « La reprise est portée par les biens loués », qui représentent 53 % du nombre de transaction pour 57 % des surfaces, spécifie Loïc Jégouzo. En outre, la progression est « plus marquée » pour les bien bâtis. À noter qu’en parallèle, le marché des vignes est « à l’arrêt » en raison de la crise viticole.

Figure 1 : Nombre de transactions, surfaces (en hectares) et valeur (en milliards d’euros) du marché des terres et prés de 2020 à 2025

Figure 1 : Nombre de transactions, surfaces (en hectares) et valeur (en milliards d’euros) du marché des terres et prés de 2020 à 2025

Figure 1 : Nombre de transactions, surfaces (en hectares) et valeur (en milliards d’euros) du marché des terres et prés de 2020 à 2025

1 La FNSafer distingue plusieurs marchés, dont le marché des forêts ou encore le marché rural. Celui-ci comporte le marché des vignes et le marché des terres et prés.

2 Les terres et prés libres sont exploités par un exploitant-propriétaire et non soumis à un bail rural au moment de leur vente (libres de bail). A contrario, les terres et prés loués (ou occupés) sont exploités par un fermier en place non-propriétaire et soumis à un bail rural au moment de leur vente.

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