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Désherbage de sortie d'hiver : les passages précoces sont à privilégier

01 janvier 2021
Un rattrapage en sortie d’hiver peut être de mise, selon l’état des parcelles, si les désherbages prévus à l’automne n’ont pu être réalisés ou doivent être complétés.

Les interventions de sortie d’hiver sont d’autant plus efficaces que les stades des adventices ciblées sont peu avancés. Les traitements précoces de février sont ainsi plus performants que ceux couramment réalisés fin mars. Ces passages précoces d’herbicides ont aussi l’avantage de limiter plus en amont la concurrence entre les adventices et les céréales, et donc de mieux préserver le potentiel de rendement.

Traiter tôt ne doit pas se substituer au respect des bonnes conditions d’applications en sortie d’hiver. Les paramètres météo sont primordiaux pour obtenir l’efficacité maximale des antigraminées, en particulier des sulfonylurées (Atlantis Pro, Archipel Duo, Levto WG…) et assimilées (Abak…). Ces produits sont plus efficaces lorsque l’hygrométrie de l’air est supérieure à 70 %, les températures sont comprises entre 2 et 20°C (en moyenne) et l’amplitude thermique est inférieure à 15°C.

Désherber avant de fertiliser

Afin de préserver le rendement de la culture et d’optimiser l’efficacité des herbicides, il est essentiel de désherber avant, ou dans les jours qui suivent, le premier apport d'azote. Il ne faut pas laisser plus de deux semaines entre ces deux opérations, surtout si aucun désherbage n'a été effectué à l'automne. Dans le cas contraire, les adventices vont aussi profiter de l’apport d’azote. Des essais réalisés par Arvalis montrent que le niveau de fertilisation n’a pas d’influence sur l’efficacité finale. En revanche, la date de désherbage est essentielle. Les désherbages précoces - au moment du premier apport d’azote - sont les plus efficaces.

Au-delà des effets de la fertilisation, le plus important à retenir est que les désherbages à l'automne, ou précoces en sortie d'hiver, sont les plus favorables sur les flores classiques pour préserver le potentiel de la culture. Une attention doit toutefois être portée aux adventices atypiques qui peuvent germer plus tardivement (folle-avoine, gaillet, ammi majus...) ; elles nécessiteront alors une intervention spécifique.

Attention aux adventices résistantes

Les solutions antigraminées de sortie d’hiver, adaptées à des stades assez avancés d’adventices, ne sont pas nombreuses. Il n’existe que deux grandes familles de produits disponibles : les inhibiteurs de l’ALS (groupe HRAC B : Archipel Duo, Atlantis Pro, Octogon…) et les inhibiteurs de l’ACCase (groupe HRAC A : Axial Pratic, Traxos Pratic, Fenova Super…). Ces deux grandes familles sont touchées par des phénomènes de résistance dans de nombreuses populations de ray-grass et de vulpins, voire de bromes stériles et d’agrostis. En cas de résistance avérée dans une parcelle, ou de soupçon à la suite d’un échec récent avec l’une des deux familles, il est recommandé d’alterner les modes d’action, notamment avec des passages à l’automne, ou d’appliquer au minimum un produit de sortie d’hiver de la famille d’herbicides non touchée par ces problèmes de résistance. En présence de populations résistantes à ces deux familles, un recours à l’agronomie et des traitements d’automne sont obligatoires (tableau 1).

Dans les situations où aucun signe de résistance n’est encore apparu sur l’ensemble de ces produits, il est essentiel d’alterner leur l’utilisation au sein de la rotation afin de limiter la pression de sélection (attention : seuls des produits inhibiteurs de l’ACCase sont possibles sur orge d’hiver et orge de printemps). Il est primordial, dans un souci de gestion de la résistance, d’appliquer la dose efficace du produit choisi afin de ne laisser passer aucune mauvaise herbe. En orge d’hiver, il faut également alterner avec des antigraminées d’automne (afin d’alterner les modes d’action efficaces).

Eviter les mélanges

En cas de perte d’efficacité des produits disponibles en sortie d’hiver ou de méconnaissance de la sensibilité des mauvaises herbes de son champ (résistance ou non aux différents herbicides), il peut être tentant d’avoir recours à des mélanges de produits des deux familles chimiques disponibles, afin de s’assurer qu’au moins l’un des deux soit efficace. Cette pratique s’accompagne généralement d’une diminution des doses appliquées afin de minimiser le coût à l’hectare. À court terme, cette stratégie peut s’avérer payante. Cependant, en réduisant les doses, on laisse grainer des mauvaises herbes potentiellement résistantes aux deux modes d’action. Le risque est alors plus important de se retrouver, au bout de quelque temps, avec des populations résistantes à l’ensemble des produits de sortie d’hiver.

L’efficacité d’un mélange de deux produits de sortie d’hiver dont l’un décroche ne dépassera pas celle du produit encore efficace à sa pleine dose. Si la stratégie du mélange est choisie, il est préférable de garder les deux produits à leur dose efficace afin de ne pas sélectionner de population ayant une double résistance et d'assurer la meilleure efficacité possible. À titre d’exemple, dans une situation de ray-grass dont la sensibilité est inconnue, les doses doivent être maintenues avec Archipel Duo 1 l + Axial Pratic 1,2 l + Huile. Les parcelles qui n’obtiendront pas 100 % d’efficacité devront être surveillées pendant l’interculture suivante. De même, il conviendra d’intégrer dans la rotation des leviers agronomiques de lutte contre les mauvaises herbes (décalage de la date de semis des céréales à paille, faux-semis, labour…), sans oublier d’alterner les modes d’action.

RAPPEL : les herbicides seuls ne peuvent répondre à une gestion durable des adventicesDes leviers agronomiques mis en œuvre avant même l’implantation des céréales à paille optimiseront l’efficacité des herbicides. Un seul objectif : diminuer le nombre d’adventices qui lèveront dans la culture. Le choix des leviers les plus efficaces dépend du contexte pédoclimatique et du matériel disponible (tableau 1). N’attendez pas d’avoir des infestions élevées avant de réagir : il sera alors plus difficile de revenir à des situations maîtrisées.

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