Édito : Sortir du glyphosate, l’épreuve du terrain 

C’est l’un de ces mots qui enflamme instantanément les débats, bien au-delà des cercles agricoles : glyphosate. Inutile ici de revenir sur quinze années de controverses. Autorisée dans l’Union européenne jusqu’en 2033, la molécule reste un outil majeur pour la destruction des couverts et la gestion des vivaces.

Peut-on se passer de glyphosate ? Et à quel prix ? C’est précisément la question que le projet AGILE explore depuis 2022 et que détaille notre dossier du mois. Les résultats montrent que des alternatives existent. Outils à dents, scalpeurs, fraises rotatives ou labour permettent d’obtenir des résultats satisfaisants. 

Ces solutions rendent toutefois les résultats davantage dépendants de la disponibilité de la main-d’œuvre, de l’organisation des chantiers et de la météo. Or des printemps pluvieux, cela arrive. 

Le désherbage mécanique demande davantage de temps de travail, davantage de carburant et surtout davantage d’opportunités d’intervention. Selon les situations étudiées et la taille des exploitations, il représente 20 à 40 heures de travail supplémentaires par an. Ces surcoûts ne sont pas anecdotiques. 

Au-delà, si l’on devait se passer du glyphosate, qui accepterait d’assumer les échecs techniques, économiques et organisationnels induits par sa disparition ? Les agriculteurs ne pourront assumer seuls de tels risques, liés à des choix réglementaires.

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