Quel sera le risque « pucerons » en céréales à paille d'hiver la semaine prochaine ?
Le risque lié aux pucerons vecteurs de la jaunisse nanisante de l’orge (JNO) évolue au fil des semaines. Le modèle Aphibox, développé par Arvalis, permet d’en suivre la progression dans les parcelles de céréales à paille.
De nouvelles cartes chaque semaine
Basé sur près de 15 ans de données issues de réseaux d’essais couvrant tout le territoire, le modèle Aphibox estime la dynamique automnale des populations de pucerons et le niveau de risque associé. Il s’appuie pour cela sur les données météo acquises et prévisionnelles à 7 jours, pour différentes dates de semis depuis fin septembre jusqu’à début novembre. Chaque semaine, des cartes actualisées seront publiées, en replaçant la situation dans un contexte pluriannuel pour mieux interpréter l’intensité du risque.
Semis du 25 septembre : un risque encore plus élevé que d'habitude
Un semis au 25 septembre se situe en dehors de la plage de semis recommandée dans la quasi-totalité des régions. Pour cette date de semis, Aphibox prévoit, au 2 novembre, un risque fort à très fort sur une large partie de l’ouest et du sud du territoire, ainsi que sur la moitié nord des Hauts-de-France. Ailleurs, le risque reste non négligeable et pourrait encore s’intensifier au cours des prochaines semaines (carte 1, à gauche).
Si les semis aussi précoces sont chaque année associés à un risque « pucerons » élevé, cette année la situation se distingue par un risque encore plus marqué. Au 2 novembre, le risque estimé par Aphibox est ainsi nettement supérieur à la médiane des automnes précédents sur près des trois quarts du territoire, notamment dans le sud, le centre, l’ouest et le nord de la France (carte 1, à droite).
Carte 1 >>> SEMIS DU 25/09 : Risques d’infestation par les pucerons vecteurs de JNO (à gauche) et écarts à la médiane(à droite)
Semis du 05 octobre : un risque bien présent, qui débute dans les standards des années précédentes
Pour un semis réalisé le 5 octobre, Aphibox prévoit, au 2 novembre, un risque faible à très faible sur la moitié nord-est du pays, autour du Massif Central et le long de la Manche. Sur le reste du territoire, le risque est estimé comme moyen (carte 2, à gauche).
Ces prévisions sont globalement conformes aux tendances historiques (carte 2, à droite).
Toutefois, cette date de semis reste précoce dans la plupart des régions, et le risque pourrait s’intensifier sensiblement au cours des prochaines semaines. En effet, les simulations s’arrêtant au 2 novembre, elles ne couvrent qu’une période relativement courte après la levée estimée des cultures, limitant ainsi l’évaluation du risque à ce stade de la campagne.
Ces semis très précoces à précoces, pour la plupart réalisés en dehors des dates recommandées en région, coïncident cette année encore avec des conditions météorologiques particulièrement favorables aux pucerons. Il est donc crucial de renforcer la vigilance en multipliant les observations directes sur le terrain, afin d’affiner l’évaluation du risque et d’adapter la gestion des parcelles si nécessaire.
Carte 2 SEMIS DU 05/10 : Risques d’infestation par les pucerons vecteurs de JNO (à gauche) et écarts à la médiane (à droite)
Attention à ne pas surinterpréter les cartes
La qualité des résultats du modèle Aphibox dépend de la fiabilité des prévisions météorologiques. Le modèle s’appuie sur une date de levée théorique, calculée à partir des conditions climatiques, qui peut légèrement différer de la levée réelle selon les situations locales. Aphibox évalue ensuite le niveau de risque pour de nombreuses stations météo, puis les données sont interpolées afin de produire des cartes de risque. Ces cartes sont donc établies à l’échelle de la petite région agricole et ne prennent pas en compte la variabilité entre parcelles au sein d’un même secteur géographique. Elles ne se substituent en aucun cas à l’observation directe des pucerons dans les parcelles, et ne constituent pas non plus une recommandation d’intervention insecticide.
De plus, Aphibox se concentre exclusivement sur les pucerons vecteurs de la JNO et ne mesure pas le risque d’infestations par la cicadelle Psammotettix alienus, vectrice du virus de la maladie des pieds chétifs.
0 commentaire
Réagissez !
Merci de vous connecter pour commenter cet article.