Cadmium dans les engrais phosphatés : la France resserre le calendrier
Initialement évoqué pour 2038, l’abaissement de la teneur maximale en cadmium dans les engrais phosphatés à 20 mg/kg interviendra finalement dès 2030. Les associations spécialisées en grandes cultures craignent une hausse des prix des engrais et des difficultés d’approvisionnement.
Le calendrier se resserre. Alors que la réduction de la teneur maximale en cadmium dans les engrais phosphatés devait initialement s’étaler jusqu’en 2038, le Gouvernement prévoit finalement d’atteindre le seuil de 20 mg /kg, recommandé par l’Anses, dès 2030. Une progression accélérée qui reflète « le souhait émis par de nombreux citoyens lors de la consultation du public menée du 26 mai au 30 juin 2026 », justifie le Gouvernement dans un communiqué publié le 02 octobre 2026.
La première étape interviendra dès le 1er janvier 2027, avec l’entrée en vigueur de l’arrêté « composition », qui alignera la teneur maximale en cadmium des engrais phosphatés avec le seuil prévu par le règlement européen. Actuellement fixé à 90 mg /kg, il passera donc à 60 mg/kg. L’arrêté « fixera également un plafond d’apports de cadmium issu des engrais minéraux à 3 grammes par hectare et par an », indique le communiqué. Ce seuil sera ensuite abaissé à 40 mg/kg en 2028, puis à 20 mg/kg en 2030.
Inquiétude du côté des associations spécialisées
Les associations spécialisées grandes cultures (AGPB, AGPM, CGB, FOP et UNPT) ont pour leur part dénoncé une surrèglementation et demandé au Gouvernement de « maintenir la norme européenne comme référence ». Elles craignent notamment que le seuil visé et le calendrier accéléré n’accentue la dépendance de la France à « un nombre encore plus réduit de fournisseurs, sans garantie sur les prix ni sur les volumes disponibles pour produire ». Dans son communiqué, le Gouvernement s’est toutefois engagé à ajuster la trajectoire si tel était le cas.
Trois règlementations supplémentaires sur les fertilisants
Outre cet arrêté spécifique au cadmium, le Gouvernement a publié trois textes supplémentaires « pour des fertilisants plus sûrs et plus efficaces (..) permettant d’harmoniser les exigences françaises avec les normes européennes tout en renforçant la protection de la santé humaine et de l’environnement », explique le communiqué. Ils concernent les limites maximales de contaminants autorisées dans les fertilisants et les quantités maximales de contaminants pouvant être apportées aux sols via la fertilisation.
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