Biostimulants sur maïs fourrage : les résultats variables du Blue N en essais
Existe-t-il un biostimulant à même d’améliorer la nutrition azotée du maïs fourrage ? C’est la question à laquelle ont tenté de répondre neuf essais avec le Blue N sur trois ans. Les résultats déçoivent, tant ils varient annuellement.
Le biostimulant Blue N, commercialisé par Corteva, a été évalué par Arvalis pendant trois campagnes sur maïs fourrage. Le produit contient une souche de bactérie endophyte, Méthylobacterium symbioticum, qui, lorsqu’elle a colonisé les feuilles de maïs, a la capacité de transformer le diazote de l’air en ammonium directement assimilable par la plante. Elle pourrait ainsi améliorer la nutrition azotée de la culture.
Entre 2023 et 2025, 9 essais ont été conduits en maïs fourrage sur les sites de Villers-Saint-Christophe (02), Ploërmel (56) et La-Chapelle-Saint-Sauveur (44) où le biostimulant a été appliqué au stade « 6 feuilles » et testé à dose X d’ammonitrate et dose suboptimale (X-40).
Globalement, à l’échelle du réseau d’essai, les conditions d’application des bactéries ont été bonnes : une analyse moléculaire a pu confirmer le bon développement des bactéries dans les feuilles. L’effet du biostimulant a été évalué en comparant le rendement obtenu avec et sans produit, à fertilisation identique. L’effet sur l’azote absorbé et sur la valeur alimentaire a également été étudié.
« Dans les 9 essais conduits par Arvalis sur maïs fourrage, la performance du Blue N n’est pas démontrée de manière robuste. »
Rendement en fourrage : pas d'effet du Blue N mesuré
L’effet sur le rendement est variable selon l’année, puisqu’en moyenne sur les trois essais, un gain significatif de +0,9 t MS/ha a été observé en 2023 mais aucun gain en 2024 et une perte non significative de 0,2 t MS/ha en 2025.
En moyenne, l’effet sur le rendement est évalué à +0,2 t MS/ha mais sans significativité statistique (figure 1).
Il existe une forte variabilité des performances des modalités sur les essais, notamment en 2024 et 2025.
À l’échelle pluriannuelle, la quantité d’azote absorbée n’est pas améliorée significativement par le biostimulant car le gain observé est de 1,2 kg N/ha seulement (figure 2). Néanmoins, lorsqu’on compare les modalités X et X-40, les modalités à fertilisation azotée suboptimale présentent une quantité d’azote absorbée supérieure de 5,5 kg N/ha aux modalités fertilisées à dose optimale. Cela reste insuffisant pour conclure que la nutrition azotée de la culture est améliorée.
Le CAU (coefficient d’utilisation de l’azote), calculé sur les essais 2024 et 2025 à partir de l’azote absorbé et de la dose d’azote apportée, n’est pas significativement amélioré : +1,8 % sur la modalité X-40, et -6,3 % sur la modalité X.
Effet sur la valeur alimentaire du fourrage : un gain minime et non significatif sur la teneur en amidon
Au niveau de la valeur alimentaire du fourrage, le bilan pluriannuel montre un gain de 0,7 % pour la teneur en amidon, non significatif à l’échelle du réseau (figure 3). Aucun effet n’a été relevé sur le taux en sucres solubles, ni sur l’UFL (unité fourrage lait).
Dans le réseau d’essais conduits par Arvalis, la performance du produit n’est donc pas démontrée de manière robuste, puisque les résultats varient annuellement.
À ce jour, la synergie entre les bactéries et le métabolisme de la plante n’est pas complètement décrite. Il reste à déterminer les conditions exactes dans lesquelles elle peut s’exprimer positivement et améliorer la nutrition azotée des cultures.
Le biostimulant Blue N, à base de bactéries Methylobacterium symbioticum capables de transformer le diazote de l’air en ammonium directement assimilable par une culture, pourrait en améliorer la nutrition azotée. Des essais Arvalis ont évalué sur 3 ans son effet sur le rendement et la valeur nutritive du maïs fourrage, ainsi que sur la quantité d'azote absorbée par la culture. Avec aucun effet significatif mesurable, doublé d'une très forte variabilité des résultats d'un site d'essai et d'une campagne à l'autre.
0 commentaire
Réagissez !
Merci de vous connecter pour commenter cet article.