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Colza d’hiver : les ravageurs secondaires de l’automne

01 septembre 2020
Le colza est une espèce appétente pour de nombreux ravageurs. Selon les campagnes, des insectes polyphages, qui ne posent habituellement pas ou peu de problèmes, peuvent engendrer des dégâts sur les jeunes plantes. Qui sont-ils ?

Les attaques des ravageurs dits secondaires sont souvent conjoncturelles et fortement liées aux conditions de l’année. L’évolution des pratiques et du contexte climatique peuvent cependant favoriser le développement de certains d’entre eux sur le long terme. Voici des indications pour repérer cinq d’entre eux - la tenthrède de la rave, la noctuelle terricole, le taupin, la punaise des céréales et la mouche du chou - et, au besoin, savoir comment réagir en leur présence.

Un suivi pluriannuel de l’évolution des attaques est nécessaire afin d’anticiper des difficultés de gestion dans les années à venir. À court terme, la meilleure parade reste de limiter les facteurs de risque lorsque ceux-ci sont connus, ainsi que l’observation des parcelles dès la levée du colza, afin de pouvoir réagir dans les meilleurs délais lorsque cela est possible.

TENTHRÈDE DE LA RAVE

Des attaques peu fréquentes mais parfois fulgurantes

Description L’adulte de tenthrède est un hyménoptère de 6 à 8 mm, à l’abdomen de couleur jaune-orangé ; il se nourrit de pollen et de nectar et n’est pas nuisible. En revanche, les larves - de fausses chenilles de couleur gris-noir présentant une bande longitudinale plus ou moins claire de chaque côté du corps - se nourrissent de feuilles de crucifères sauvages ou cultivées. Elles mesurent 20 à 50 mm au dernier stade de leur développement.

Attaques Les attaques de larves de tenthrèdes sur colza d’hiver, de fréquence très variable selon les années, surviennent pendant seulement quelques jours à la fin de l’été. Elles sont le fait de larves issues de la troisième génération de l’année. En fonction des températures, les larves de seconde génération peuvent, soit entrer en diapause pour passer la saison froide, soit se transformer en adulte dont les larves se développeront au dépens de jeunes colza. La capture de ces nouveaux adultes dans des cuvettes jaunes ne permet pas, toutefois, d’évaluer le niveau des attaques larvaires. Les larves grignotent les feuilles en laissant les nervures. Aux premiers stades de développement, elles peuvent passer inaperçues, mais dès que les températures s’élèvent, elles se développent vite. Les dégâts sont alors rapides, pouvant faire l’effet d’attaques « surprises ». Ces attaques cessent brusquement quand les insectes tombent au sol pour se nymphoser.

Lutte Si la culture est menacée, soit lorsque plus d’un quart de la surface foliaire est consommée, entre la levée et le stade « 6 feuilles » inclus, intervenir avec un pyréthrinoïde autorisé.

NOCTUELLE TERRICOLE

Des ravages perpétrés de nuit

Description Les noctuelles sont des papillons nocturnes de couleur gris-brun. Deux espèces peuvent être observées sur colza : Agrostis ipsilon, migratrice, venant d’Afrique du Nord et quasi absente en hiver en France, et A. segetum, considérée comme sédentaire. Les papillons pondent généralement sur des plantes développées isolées dans les parcelles pendant l'interculture, et les jeunes chenilles se développent sur place. Mais quand la nourriture vient à manquer, ces dernières se déplacent et peuvent envahir les jeunes cultures à la levée.

Attaques Les chenilles, présentes sur le sol ou à faible profondeur, rongent le collet des plantules de colza pendant la nuit et les sectionnent. Afin de ne pas confondre ces attaques avec celles de taupins ou de limaces, rechercher des larves dans les premiers centimètres du sol. Ce ravageur secondaire sur colza peut entraîner très localement de sérieux dégâts, souvent par zones dans les parcelles. L’accumulation des dégâts peut cesser spontanément lorsque la chenille termine son développement.

Lutte En cas d’infestations importantes et si les dégâts continuent de s’étendre, intervenir rapidement sur végétation avec un pyréthrinoïde autorisé et un volume de bouillie important (300-500 l/ha), de préférence le soir car leur activité est nocturne.7

PUNAISE DES CÉRÉALES

Vigilance les étés particulièrement chauds et secs

Description Certaines années, des parcelles de colza tout juste levé sont envahies par de petits insectes de quelques millimètres appartenant au groupe des punaises (plusieurs espèces identifiées). Ce fut récemment le cas en 2016 et 2019, notamment en Poitou-Charentes, Auvergne et Rhônes-Alpes.

Attaques Les conditions précises de ces pullulations restent à étudier, toutefois, elles s’observent particulièrement les années où les mois de juillet, août et septembre sont chauds et secs. Les punaises étant polyphages, elles s’attaquent non seulement au colza (repousses ou colzas en cours de levée) mais aussi aux céréales, légumineuses, etc. Les attaques sur colza commencent par les bords de champs et progressent vers l’intérieur des parcelles si les conditions favorables persistent. Face aux milliers de ces petits insectes qui ponctionnent la sève des plantules, les colzas flétrissent puis se dessèchent complètement.

Lutte Aucune spécialité n'est homologuée contre cette punaise. Seule l'irrigation ou le retour de pluies calment le phénomène. Une veille sera maintenue dans les années à venir, car seule une meilleure connaissance de la biologie des espèces impliquées permettra de trouver des stratégies de gestion durable adaptées si le problème persiste.

TAUPINS

Les attaques s’intensifient dans le Sud-Ouest

Description Plusieurs espèces de taupins causent des dégâts en grandes cultures. Les quatre principales sont du genre Agriotes. A. sordidus, dont le cycle de développement est le plus rapide, est l’espèce majoritaire dans le sud de la France. Ces coléoptères passent la majorité de leur vie dans le sol sous forme larvaire (2 à 4 ans selon les espèces), avant de se transformer en adulte (1 an). Seule la larve est nuisible. D’aspect filiforme et luisant, jaune-orangé, elle présente trois discrètes paires de pattes.

Attaques Depuis une quinzaine d’années, on observe une recrudescence des attaques de taupins sur de nombreuses cultures en France. Alors qu’historiquement ce ravageur ne posait pas de problèmes sur colza, il fait de plus en plus de dégâts dans le Sud-Ouest et, beaucoup plus localement, en Bretagne, Basse-Normandie, Pays-de-la-Loire, Poitou-Charentes ou encore Rhône-Alpes. Sur colza, les taupins occasionnent des pertes à la levée en s’attaquant à l’appareil racinaire. Les changements de pratiques peuvent expliquer la progression des populations et des attaques : diminution du travail du sol dans les rotations, couverture du sol pendant l’interculture, mise en place de bandes enherbées… Les parcelles les plus à risque sont celles à sol basique, à travail du sol réduit, ayant une prairie longue dans leur historique ou dans leur environnement immédiat. Les sols riches en matière organique sont également favorables.

Lutte Actuellement aucun moyen de lutte chimique n’est disponible. Des solutions sont à l’étude.

MOUCHE DU CHOU

Une nuisibilité en augmentation

Description La mouche du chou (Delia radicum) est un insecte polyphage qui se développe aux dépens de nombreuses crucifères. L’adulte ressemble à une mouche commune et est difficilement identifiable. Au printemps, les adultes sortent de terre et les femelles pondent leurs œufs dans le sol, près du collet des crucifères. Si la femelle a le choix, elle pondra plutôt en sol sableux et léger qu’en sol argileux. Les larves s’alimentent ensuite en creusant des galeries ouvertes au niveau des racines. Plusieurs générations se succèdent au cours de l’année. Sur colza, les dégâts sont engendrés par la troisième génération qui pond à l’automne à proximité des jeunes plantules. Lorsque les étés sont frais, l’émergence de cette troisième génération est retardée et les attaques sur colza sont alors faibles. Le plus souvent, les pivots cicatrisent et les galeries ouvertes n’ont pas d’incidence sur le potentiel de la culture.

Attaques Même si elles semblent encore peu ou moyennent fréquentes sur la plupart des régions, les attaques ont augmenté ces dernières années et sont régulièrement constatées dans les Hauts-de-France, le Grand Est, la Normandie, l’Ile-de-France, la région Centre-Val-de-Loire. Couplée à un hiver peu favorable au système racinaire de la culture (excès d’eau, par exemple), les galeries creusées par les larves peuvent amplifier la vulnérabilité de la culture aux autres stress printaniers. La nuisibilité est d’autant plus importante que les larves sont nombreuses et/ou se développent sur des colzas peu développés. Les plantes sujettes à des attaques sévères peuvent prendre des teintes violacées, flétrir puis disparaître lorsque le pivot est sectionné. À partir du stade « 4 feuilles » du colza, le pivot est suffisamment développé et lignifié pour que les attaques larvaires soient sans conséquence.

Lutte Actuellement, plus aucun moyen de lutte chimique n’est disponible mais des solutions sont à l’étude. La nature n’est cependant pas sans ressources puisque les mouches du chou, comme tous les ravageurs du colza, sont régulés par de nombreux auxiliaires. Pour la mouche, les principaux sont les carabes et les staphylins qui dévorent les œufs, des hyménoptères parasitoïdes qui détruisent les pupes, et des champignons qui tuent les adultes ou les rendent stériles.

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