Édito : de l’air aux marges
Moissons 2026 : malgré la chaleur et le salissement des parcelles, les rendements s’annoncent moyens mais préservés. Le retour d’El Niño pourrait toutefois rebattre les cartes des marchés mondiaux. Entre hausse potentielle des prix agricoles et baisse des coûts de production, les marges retrouvent un peu d’oxygène.
Les moissons sont en cours. Entre coups de chaud répétés et salissement des parcelles, les potentiels ont été entamés, et les rendements s’annoncent moyens. Au regard du contexte, ce n’est déjà pas si mal.
Surtout, ces aléas ne se limitent pas à nos campagnes. À l’échelle de l’hémisphère Nord, le retour d’un épisode El Niño particulièrement intense fait redouter des anomalies marquées jusqu’à la fin de l’année. Le risque d’accidents de production majeurs redevient crédible - un scénario que les marchés n’ont plus connu depuis plusieurs campagnes.
Un risque… mais aussi une opportunité. Philippe Chalmin comme Jean-François Lepy, PDG de Soufflet Négoce (au Congrès européen de la meunerie à Marseille), évoquent chacun pour ces raisons la possibilité d’un rééquilibrage du marché mondial.
Dans le même temps, un autre mouvement joue en faveur des producteurs : la détente des coûts. La tendance de repli des prix de l’énergie et des engrais azotés redonne de l’air aux marges. Dans ce contexte, réduire les surfaces en céréales ou les apports azotés revient à prendre le risque de passer à côté d’un retournement de marché.
Reste une constante : la maîtrise des charges de mécanisation. Face à l’envolée des prix du matériel, mutualisation et rationalisation restent des leviers décisifs de rentabilité.
En attendant, excellente moisson… et bel été.
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