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Comment gérer déchets et repousses de pomme de terre ?
La multiplication des hivers doux favorise les repousses de pomme de terre au printemps. Or celles-ci sont des sources potentielles de maladies et de parasites, de même que les tas de déchets de pomme de terre. Plusieurs mesures faciliteront leur gestion.
Après un hiver peu rigoureux, il n’est pas rare de voir surgir au printemps des repousses dans une parcelle précédemment occupée par des pommes de terre. Elles sont issues de tubercules non récoltés, enfouis plus ou moins profondément, ce qui les rend moins sensibles au gel. Ces repousses sont d’autant plus présentes que la pomme de terre revient fréquemment dans la parcelle et qu’aucune mesure de gestion n’est prise.
Elles concurrencent la nouvelle culture en place et peuvent favoriser le développement de parasites du sol (comme le rhizoctone) et constituer un foyer de contaminations pour les parcelles de pommes de terre voisines – en particulier, de mildiou. Comment les éviter, ou s’en débarrasser ?
Combiner les actions
Aucune solution ne réussit à détruire en une seule intervention 100 % des repousses de pomme de terre présentes dans la culture suivante. Il convient donc d’associer plusieurs pratiques tout au long de la culture de la pomme de terre, afin de limiter le nombre de tubercules non récoltés puis de gérer les repousses dans les cultures suivantes.
Noter que les dispositifs de destruction des tubercules écartés lors de l’arrachage ne garantissent pas l’absence de repousse : même écrasés ou endommagés, des tubercules peuvent germer tant qu’ils n’ont pas pourri.
- Éviter de compacter le sol en culture afin de faciliter l’arrachage, et garder les buttes aussi intactes que possible.
- Éviter l’excès de nutrition azotée, qui tend à multiplier le nombre de petits tubercules laissés dans la parcelle.
- Appliquer un antigerminatif foliaire à base d’hydrazide maléique pour réduire la capacité des tubercules restés en terre à germer.
- Récolter une fois la peau des tubercules bien formée, afin que les tubercules se détachent plus facilement des stolons.
- Régler l’arracheuse : diminuer le pas de chaîne, et viser un ratio vitesse de chaîne/vitesse du tracteur proche de 1.
- Organiser des glanages pour limiter le nombre de tubercules non récoltés laissés au sol.
- Proscrire les retours de tubercules associés à de la terre et des cailloux dans le sol de la parcelle.
- Éviter de labourer après la récolte de la pomme de terre ; préférer un travail du sol superficiel. Si les tubercules non récoltés restent proches de la surface, gel, pourriture et petits animaux contribueront mieux à les détruire.
- Implanter après la pomme de terre une culture au pouvoir étouffant (céréales) ou une culture sarclée (pour pouvoir biner).
Gérer aussi les tas de pomme de terre
La gestion des tas de déchets de pomme de terre est une importante mesure prophylactique, notamment pour prévenir le mildiou. Si aucune solution n’a pu être mise en œuvre pour éviter la mise en tas des déchets (méthanisation par exemple), tous les tas doivent être détruits au plus tard au moment des nouvelles plantations de pomme de terre.
Le bâchage n’est conseillé que si le tas contient beaucoup de terre et qu’il n’y a pas de problème d’écoulement de jus dans l’environnement proche du tas. Recouvrir le tas d’une bâche plastique opaque et en bon état avant l’apparition de toute végétation sur les tubercules. La bâche doit être bien maintenue au sol – par exemple, en l’enterrant sur le pourtour du tas.
La chaux vive est à préférer si le tas est volumineux, s’il contient beaucoup de tubercules et/ou si le risque d’écoulement de jus est important. Mélanger la chaux aux pommes de terre à raison de 10 % du tonnage à traiter. Prendre toutes les précautions d’usage pendant la manipulation du produit : port de masque respiratoire, gants, lunettes…
Détruire les repousses avant la tubérisation
Si, malgré la mise en place de ces leviers, des tubercules germent au printemps dans la culture suivante, il faut détruire les repousses avant qu’elles ne commencent à former à leur tour des tubercules.
En céréale à paille, appliquer une solution contenant du fluroxypyr ; attention aux stades des céréales, chaque produit ayant un stade limite d'application.
En maïs, appliquer un désherbant à base de mésotrione ou de sulcotrione.
En tournesol, il n'existe pas de solution phytosanitaire homologuée pour cet usage, et en betterave, les solutions sont moyennement efficaces. Mais un passage de bineuse dans ces deux cultures de printemps pourra gérer ces repousses.
En protéagineux, il n’existe pas non plus de solution herbicide efficace et sélective de ces cultures. Un désherbage par binage est envisageable sur féverole de préférence avant le stade « 7 feuilles ». Le pois n’est quasiment jamais biné en raison des écartements réduits - ou alors avec une bineuse à céréales, et seulement si les vrilles ne sont pas très développées. Noter qu’en protéagineux d’hiver, la difficulté est de trouver des fenêtres climatiques adaptées au binage.
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