Variétés de triticale : la sélection progresse, les rendements aussi
La sélection a été active ces dernières années, avec huit nouvelles inscriptions au Catalogue français dont six développées en France. Arvalis brosse leur portrait ainsi que celui des variétés récentes qui ont retenu l’attention après une ou deux années d’essais.

Sur triticale, le fractionnement des apports d’azote, avec des apports précoces limités, fait gagner des quintaux et de la protéine tout en réduisant les risques de verse et d’oïdium.
Le triticale est une céréale à paille particulièrement bien adaptée aux sols hydromorphes ou acides et aux secteurs d’altitude. Sa production est destinée avant tout à l’alimentation animale. Voici des clefs pour choisir les variétés les mieux adaptées à votre pédoclimat et à vos objectifs.
Conduit de façon similaire au blé, le triticale présente plusieurs avantages en système de polyculture-élevage, avec son potentiel de production en paille supérieur au blé, sa grande plasticité et son pouvoir couvrant élevé.
Pour sa valorisation en alimentation animale, la teneur en protéines et, lorsqu’il est commercialisé, le poids spécifique des grains (PS), sont des critères de choix importants.
Il faut en revanche tenir compte de ses deux points faibles. Tout d’abord, il est sujet à la germination sur pied - un héritage des deux espèces dont il est issu, le blé dur et le seigle ; il faut donc éviter de semer des variétés sensibles à ce risque dans les zones tardives avec des risques d’humidité en fin de cycle. Du fait de sa capacité à produire beaucoup de biomasse en début de cycle, le triticale est assez sensible à la verse, qui occasionne des pertes de rendement et favorise la germination sur pieds.
Pour limiter le risque de verse, éviter les fortes densités au semis, fractionner les apports d’azote en limitant la quantité d’azote au premier apport, et éviter les variétés qui y sont sensibles. Pour éviter les surdensités, prêter notamment attention au poids de mille grains (PMG) des semences et viser 85 % de la densité de semis d’un blé à milieu équivalent.
Côté maladies (encadré), l’oïdium et la rouille jaune occasionnent le plus de pertes de rendement chez cette céréale. Éviter de semer des variétés qui y sont sensibles dans les zones fréquemment touchées par ces maladies. La rhynchosporiose est devenue à son tour un sujet : forte dans le Massif central, elle augmente ces dernières années dans d’autres zones de production. La résistance à cette maladie doit désormais être prise en compte. Contre la rouille brune, il est généralement inutile d’intervenir spécifiquement, mais elle sera à surveiller si les variétés semées y sont très sensibles.
La résistance aux maladies foliaires, un enjeu majeur de la sélection
La sélection met l’accent sur la résistance du triticale aux maladies fongiques. La hiérarchisation des variétés de référence et récentes en fonction de leurs pertes de rendement en l’absence de traitement fongique l’atteste (figure 1). De faibles pertes de rendement traduisent leur résistance génétique vis-à-vis des maladies foliaires. La plupart des variétés récentes sont devant les références.

Le point sur les inscriptions 2023 et 2024
Les variétés inscrites en 2023 et 204 sont présentées ci-après (tableau 1). Pour la plupart testées deux ans dans les essais d’inscription, l’évaluation de leur potentiel de rendement comme de leurs caractéristiques a été consolidée durant un à deux ans dans le réseau d’essais de post-inscription.

Des nouveautés 2025 à découvrir
Après les sept variétés de triticale venues enrichir le Catalogue français en 2024, huit nouvelles variétés ont été inscrites en 2025. Six seront développées en France et sont présentées ci-après (figure 2). Leur comportement n’ayant été évalué que sur deux ans en préinscription, il devra être confirmé par des essais de post-inscription dans des environnements et années climatiques variés.

Précoce à épiaison, Rapace se place en tête de sa série sur le plan de la productivité (+ 4 % par rapport à la référence Ramdam). Assez résistant à la rouille jaune, mais assez sensible à l’oïdium et à la rouille brune, ses pertes de rendement en l’absence de protection fongicide sont assez élevées. Il est aussi assez sensible à la verse. Ses PS sont assez bons.
Demi-précoce, Reptil s’est démarqué dans les parcelles non traitées fongicide par ses très bons niveaux de résistance aux maladies foliaires, en particulier vis-à-vis de l’oïdium et de la rouille jaune. Sa productivité moyenne sur 2 ans est légèrement au-dessus de celle de Ramdam. Sa tenue de tige est correcte. Ses PS sont un peu faibles, intermédiaires entre ceux de Brehat et de Ramdam.
Très précoce à épiaison, Requin s’est révélé productif en moyenne sur 2 ans (Ramdam + 4 %). Très résistant à la rouille jaune, mais pouvant présenter quelques symptômes d’oïdium, de rhynchosporiose et de rouille brune, ses pertes de rendement en l’absence de protection fongicide sont légèrement inférieures à la moyenne de sa série. Sa tenue de tige est correcte. Enfin il possède une bonne qualité de grains, avec de bons PS et des teneurs en protéines élevées compte tenu de sa productivité.
Demi-précoce à épiaison, Rugiro associe une assez bonne productivité (Ramdam + 2 %) et un bon profil de résistance aux maladies foliaires se traduisant par les pertes de rendement parmi les plus faibles en parcelles non traitées. De plus sa qualité de grains est bonne, avec des PS très bons et des teneurs en protéines élevées par rapport aux variétés de productivité équivalente. Sa tenue de tige est correcte.
Précoce à épiaison, Triflor se positionne dans la moyenne de sa série sur le plan de la productivité. Un peu plus court que la plupart de ses concurrents, sa tenue de tige est assez bonne. Dans les parcelles non protégées, il s’est montré assez sensible à l’oïdium, mais très résistant aux rouilles jaune et brune. Enfin, ses PS sont très élevés, mais ses teneurs en protéines sont un peu faibles.
Demi-tardif à demi-précoce, Curling a une productivité légèrement inférieure à la moyenne de sa série en 2023 et 2024. Malgré quelques symptômes de rhynchosporiose, son bon profil de résistances aux maladies se traduit par des pertes de rendement modérées en parcelles non traitées aux fongicides. Il s’est toutefois montré sensible à la verse dans les essais d’inscription. Enfin ses PS sont un peu faibles.
Les périodes optimales de semis des principales variétés à télécharger (format PDF).
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