Résistances fongicides sur blé et orge : l’essentiel de la "Note commune 2026"
Co-rédigée par l'Inrae, l'Anses, ARVALIS et la Fnams, cette note dresse l’état des résistances aux fongicides utilisés pour lutter contre les maladies des céréales à paille. Elle propose également les recommandations pratiques pour limiter leur développement au printemps 2026.
Septoriose du blé : les résistances ne progressent pas
Pour les blés, la fréquence de souches de septoriose dites MDR (pour Multi Drug Resistance), qui présentent une résistance croisée à plusieurs modes d’action, représentent aujourd’hui près d'une souche sur quatre. En parallèle, la fréquence des phénotypes résistants aux SDHI ne progresse pas et atteint 36 %. Dans ce contexte, une baisse d’efficacité de plusieurs solutions à base de SDHI a été observée en essai en situation de forte résistance. La gestion de cette résistance doit demeurer une priorité là où sa fréquence devient compatible avec l’observation de résistance en pratique.
Dans un contexte d’érosion de plus en plus prononcée de l’activité au champ des triazoles, leur efficacité relative s’avère dépendante de la structure des populations de septoriose présentes localement. Leur activité reste régulièrement (mais pas systématiquement) insuffisante, y compris lorsque plusieurs triazoles sont associés entre eux. En 2025, le souches TriHR (très résistantes aux triazoles) progressent légèrement pour atteindre 70 %.
Face à la progression des résistances multiples, privilégier les fongicides multisites et de biocontrôle lorsqu’ils peuvent améliorer l’efficacité et/ou la gestion de la résistance.
Lire aussi : « Septoriose du blé : les producteurs ont de bonnes cartes en main »
Helminthosporiose de l’orge : la résistance aux strobilurines reste élevée
Du côté des orges, la résistance de l’helminthosporiose aux SDHI est généralisée et affecte sévèrement l'efficacité de cette famille de fongicides. Quant à la résistance aux strobilurines (QoI), elle reste à des niveaux élevés ces dernières années (entre 60 % et 80 % environ).
Pour éviter de sélectionner davantage de souches présentant une résistance multiple, le recours à un mélange trois voies QoI+SDHI+IDM* doit être rigoureusement limité aux situations où l’helminthosporiose est très difficile à contrôler. De même, il convient de toujours associer les SDHI à des fongicides efficaces présentant d’autres modes d’action.
Rouilles des céréales : des isolats résistants aux SDHI
Des isolats de rouilles des céréales portant des mutations associées à la résistance aux SDHI ont été identifiés depuis quelques années en France. Ces résistances semblent progresser depuis 2022. Leurs impacts en pratique sont mesurables par une baisse d’efficacité de plusieurs SDHI sur rouille brune du blé tendre.
Concrètement, sur rouilles, il convient d’éviter de recourir aux SDHI. Préférer les associations de triazoles et de QoI. Pour rappel, la lutte contre ces agents pathogènes doit être envisagée en priorité via l’utilisation de variétés résistantes.
Sur blé comme sur orge : un seul SDHI par saison
La recommandation de limiter à une seule application par campagne l'utilisation des SDHI (y compris les traitements de semences revendiquant une action sur les maladies foliaires) est maintenue, sur orge comme sur blé. Il convient également de les associer à des partenaires efficaces pour limiter la pression de sélection vis-à-vis de ce mode d’action.
Face à la progression des résistances multiples, n’intervenir que si strictement nécessaire et maintenir si possible un fongicide multisite dans le programme.
Pour connaître l’état des résistances et les recommandations associées, maladie par maladie,
Les recommandations formulées dans cette note visent en première intention à limiter la pression de maladie en encourageant le recours à la prophylaxie, aux variétés résistantes et aux outils d’aide à la décision, pour limiter le recours aux traitements et leurs effets non-intentionnels.
(*) IDM (Inhibiteur de DéMéthylation) : famille de fongicides dont les triazoles sont les principaux représentants.
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