The Shift Project dit « oui » aux biocarburants pour l’aviation
Pour décarboner le transport aérien tout en préservant ses emplois, le think tank The Shift Project et l’association Aéro Décarbo plaident pour un mix de carburants durables et une réduction transitoire du trafic, estimée à 15 % d’ici cinq ans, face à un trafic en forte croissance et des solutions énergétiques limitées.
Pour le think tank The Shift Project et l’association Aéro Décarbo, la décarbonation du transport aérien reposera sur une combinaison de solutions technologiques et de sobriété du trafic. Les émissions du secteur dépendent du volume du trafic, de l’intensité carbone de l’énergie et de l’efficacité énergétique. Cette dernière a fortement progressé mais atteint désormais un plafond. Parallèlement, le trafic pourrait croître de 3 % par an d’ici 2050, soit un doublement à cette échéance du volume actuel.
Pour réduire son empreinte tout en préservant ses 200 000 emplois en France, l’aérien doit donc décarboner ses carburants. Les carburants aéronautiques durables (Saf) se déclinent en biocarburants (Hefa, ATJ, BTL), carburants de synthèse (e-Saf/PTL) et solutions hybrides (e-bio-Saf), aux impacts environnementaux contrastés. La biomasse disponible resterait toutefois insuffisante, tandis qu’un remplacement intégral du kérosène par des e-Saf nécessiterait des volumes d’électricité bas carbone irréalistes.
Selon les deux organisations, aucun carburant ne constitue donc une solution unique. De plus, les scénarios les plus optimistes combinant ces carburants ne permettent pas de respecter l’Accord de Paris sans action sur la demande. The Shift Project et Aéro Décarbo préconisent ainsi une réduction transitoire d’au moins 15 % du trafic d’ici cinq ans, équivalente à un retour aux niveaux des années 2010, le temps d’augmenter la production de carburants durables.
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