Pour Max Havelaar, le prix est le levier qui compte pour la rémunération

Pour l’ONG Max Havelaar, le constat est clair : le prix reste le principal levier du revenu agricole. Ni les volumes produits ni les débouchés à l’export ne garantissent une amélioration durable, contrairement à une meilleure rémunération des producteurs.

Panneau « oui au prix non au mépris »

« Agir sur le prix payé aux producteurs reste aujourd’hui le levier le plus direct pour sécuriser durablement leurs revenus », présente Jules Colombo, délégué général de l’Observatoire de la Rémunération Équitable. 

Selon l’étude*, le revenu est fortement corrélé au prix sur la période courant de 1993 à 2024, quelle que soit l’orientation technico-économique (Otex). Plus précisément, la corrélation est « forte » en bovin lait, légumes, fruits, volailles et porcins, mais « moyenne » en bovin viande et en céréales.

Cela dit, même pour les grandes cultures, le prix demeure le levier principal – et le seul significatif. Pour cette Otex, Max Havelaar ne trouve aucune corrélation entre le revenu de l’activité agricole et le volume de production. De même, le revenu est décorrélé des volumes exportés ou même des volumes importés (tableau 1). 

Tableau 1 : Corrélations, par Otex sur 1993-2024, entre le revenu et les prix, les volumes produits, les exportations et les importations

Tableau 1 : Corrélations, par Otex et dans la limite des données disponibles sur la période 1993-2024, entre le revenu courant avant impôt par unité de travail agricole non salarié et l’indice de prix agricoles à la production (Ippap), ou les volumes totaux produits, exportés ou importés en France issus des bilans d’approvisionnement d’Agreste
Source : Max Havelaar, Première édition de l’Observatoire de la rémunération agricole équitable

« Nous observons des corrélations, ce qui ne signifie pas qu’il y a causalité. De plus, ces corrélations sont issues de données moyennes nationales et non de données individuelles », nuance Jules Colombo. 

Il demeure que sur 30 ans, produire davantage et conquérir des débouchés à l’export ne garantissent pas une amélioration des revenus. A contrario, améliorer les prix sécurise les agriculteurs. C’est justement l’objet du commerce équitable et des démarches fondées sur un prix minimum garanti, pour lesquels milite l’ONG.

* La méthodologie élabore des corrélations, par Otex et dans la limite des données disponibles sur la période 1993-2024, entre le revenu courant avant impôt par unité de travail agricole non salarié (UTANS) et l’indice de prix agricoles à la production (Ippap), ou les volumes totaux produits, exportés ou importés en France issus des bilans d’approvisionnement d’Agreste

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